
Comme annoncé, Cotonou, la capitale économique du Bénin, a accueilli du 19 au 21 décembre 2025 la 16e édition du Festival des Rituels et des Danses Masquées (FeRiDaMa). Un festival marqué par d’intenses activités, à commencer par une conférence de presse d’ouverture dans l’après-midi de ce vendredi, animée par le délégué général du festival, Marcel Zounon, un expert et grand acteur culturel qu’on ne présente plus au Bénin.
Valoriser, promouvoir et sauvegarder le patrimoine culturel immatériel lié aux masques, en rassemblant différentes sociétés de masques d’Afrique de l’Ouest en particulier : tel est l’un des objectifs principaux du Festival des Rituels et des Danses Masquées (FeRiDaMa), qui était à sa 16e édition cette année.
Les festivités ont été lancées dans l’après-midi de ce vendredi 19 décembre 2025 à travers une conférence de presse animée par le promoteur, Marcel Zounon, au siège de l’association TOWARA, dans le 13e arrondissement de Cotonou. À l’entame, il a dévoilé les différentes activités prévues pour la 16e édition, avec quelques nouveautés. En effet, il y avait également au programme une conférence sur les masques Kaléta, animée par un enseignant de l’Université d’Abomey-Calavi, des échanges divers, une grande sortie nocturne des masques Guèlèdè et la grande démonstration des masques Kaléta, hier dimanche, comme apothéose, avec des groupes venus d’Abomey, de Kétou, de Bazounkpa (Ouidah), etc.
Dans la deuxième partie de sa conférence de presse d’ouverture, Marcel Zounon a dressé un bilan élogieux des 15 ans de parcours du Festival des Rituels et des Danses Masquées (FeRiDaMa) en six points.
Selon ses explications, le FeRiDaMa constitue une étape symbolique et stratégique pour la lecture, la sauvegarde et la valorisation des danses masquées. Et avec du recul, plusieurs enseignements majeurs peuvent être retenus, à la fois sur les plans culturel, institutionnel et sociétal.
Un espace de visibilité durable pour les masques béninois
En 15 ans, à en croire le délégué général, le festival s’est imposé comme une vitrine nationale des danses masquées et rituels, notamment le Guèlèdè, le Zangbéto, l’Abikou, le Gounouko, le Kpodji Guèguè, etc. Il constitue un cadre de légitimation pour des pratiques longtemps confinées aux espaces sacrés et communautaires, car le travail du festival a permis de désacraliser certaines perceptions que les gens avaient de ces pratiques. C’est aussi un rendez-vous de référence où le masque sort du village pour dialoguer avec la scène, le public et les institutions.
Aux dires de Marcel Zounon, le FeRiDaMa a contribué à faire connaître le masque non seulement comme objet rituel, mais aussi comme fait culturel, artistique et patrimonial.
« Pendant les 15 ans, nous avons noté une contribution forte à la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel. Le festival a joué un rôle essentiel dans la transmission intergénérationnelle des jeunes danseurs, des porteurs de masques, des musiciens et autres acteurs ; la documentation vivante sur les masques sacrés est rendue disponible ; la désacralisation maîtrisée de certaines expressions permet leur représentation publique sans trahir le fondement spirituel », a-t-il fait savoir.
Un outil de diplomatie culturelle et de dialogue interculturel
Dans la suite de son intervention, Marcel Zounon a souligné que le FeRiDaMa a montré qu’il est possible de protéger le sacré tout en valorisant le patrimoine, faisant du festival un outil de diplomatie culturelle et de dialogue interculturel.
En effet, au fil des éditions, le FeRiDaMa a connu la participation de groupes venus du Togo, du Mali, du Burkina Faso, du Nigéria, de la Côte d’Ivoire et même de la Guyane.
En clair, après 15 ans, le Festival des Rituels et des Danses Masquées est une réussite en termes de visibilité et de sauvegarde, un symbole de fierté culturelle et identitaire, un chantier encore ouvert en matière de structuration, et une opportunité majeure pour repositionner les masques béninois au cœur du développement culturel.
Au cours de cette conférence de presse, Marcel Zounon a adressé ses remerciements au président d’honneur de l’association TOWARA, Léopold Gbénou, aux membres des associations et clubs UNESCO, aux professionnels des médias ainsi qu’aux personnes de bonne volonté pour leur appui sans cesse renouvelé.
C.L.A.



